L’aménagement des espaces de jeux : l’équation gagnante d’Anne-Marie Fontaine.

À l’Institut de la Petite Enfance Boris Cyrulnik notre dernière rencontre professionnelle portait sur l’aménagement des espaces de jeux. Anne-Marie Fontaine, maître de conférence en psychologie du développement, est venue nous parler d’écologie développementale. Aïe, ouille, quoi ? Vous pouvez répéter la question ?

Doucement, c’est tout simple. « Ecologie » : ce sont les interactions entre des êtres vivants − ici les enfants − et leur milieu de vie habituel − la maison, chez Cha’dorlote ou encore à la crèche. « Développementale » se rapporte aux stades de développement de l’enfant, où en est le petit chouchou de ses capacités motrices et de ses relations avec les autres.

Alors comment faire pour que nos petits chéris vivent dans un univers où toutes les aventures sont possibles et où les relations avec les copains sont chouettes ?

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Anne-Marie Fontaine

L’équation gagnante, la formule magique selon Anne-Marie Fontaine, est un jeu d’équilibre entre les enfants (âge? nombre ? capacités ?), les structures matérielles (architecture? agencement? jouets?) et les adultes (nombre? positionnement? projection? attitudes?).

Les premières questions à se poser concernent le stade de développement de l’enfant : à cet âge là, qu’est-ce qu’on sait faire, qu’est-ce qu’on peut faire ? Et cet enfant là, qu’est-ce qu’il fait ? Qu’est-ce qu’il aime faire ? Dans leur première année, par exemple, il est rare d’assister à des chamailleries entre petits car ils n’ont pas encore acquis la conscience de soi. Si JE n’existe pas et que TU n’existes pas, on ne risque pas de se disputer. Entre 15 et 30 mois, ce n’est plus la même chanson, et ce n’est pas parce qu’ils deviennent agressifs, ça certainement pas. C’est lié à leur besoin d’imitation, d’identification.

« Les conflits (de jeunes enfants) qui sont vécus difficilement par les adultes sont en fait un très grand progrès pour la conscience de soi et la conscience de l’autre. » Dans une interview de 2012 Anne-Marie Fontaine explique que « bien jouer ensemble, ça s’apprend ».

Deuxième ingrédient de notre potion magique : le matériel. Comment organiser l’espace de jeu ? Les scientifiques ont fait des expériences, ils ont filmé des enfants de tous âges pendant des heures, des jours, des semaines et des mois. Résultat : à partir de 15 mois ce qui leur plait ce sont les zones de jeu délimitées. Le coin dînette par exemple, ça c’est le rêve. Ce grand succès nous donne une précieuse indication : les jouets qui plaisent sont ceux qui peuvent se combiner, s’encastrer, avoir plusieurs utilisations possibles. C’est le cas dans la cuisine des petits, on peut tout faire avec des assiettes, des boîtes, des casseroles, des cuillères, des louches, des bouteilles i tutti quanti.

Remarque spéciale sur les meubles : éviter absolument ceux qui sont si hauts qu’ils obstruent le champs de vision des bébés. Sinon, les petits ne vous voient plus, et là c’est le drame. Car leur phare tranquille et bienveillant, tempête ou pas, c’est vous ! Anne-Marie Fontaine affirme même que le positionnement des adultes dans la pièce est « un régulateur puissant de la répartition des enfants. Les enfants jouent dans les espaces éclairés par le regard des adultes ». Voilà, c’était le troisième ingrédient, vous avez la recette.

Et en avant l’amusement !

Chez Cha'dorlote on a envie de cette dînette.
Chez Cha’dorlote on a envie de cette dînette.

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